Facebook Bankable LinkedIn Bankable
Twitter Bankable WhatsApp Bankable
Bankable
Bankable

PLUS LUS

FOMIN : Godard Motemona hérite d’un fonds minier sous pression

FOMIN : Godard Motemona hérite d’un fonds minier sous pression

Nommé par ordonnance présidentielle lue le 3 juin 2026, Godard Motemona Gibolum a officiellement pris ses fonctions le 12 juin à la tête du Fonds minier pour les générations futures (FOMIN). La remise et reprise s’est tenue à Kinshasa avec son prédécesseur, Faustin Biringanine Mbashamulume.

Son arrivée intervient dans un contexte sensible pour cet établissement public chargé de préserver une partie des revenus issus de l’exploitation minière au profit de l’après-mine et des générations futures.

Depuis plusieurs mois, la gouvernance du FOMIN fait l’objet de critiques de la société civile et de la délégation syndicale, qui réclament davantage de transparence sur l’utilisation des ressources du fonds.

En mars 2026, la délégation syndicale a mis en cause la gestion de l’ancienne direction, évoquant un détournement présumé de plus de 100 millions de dollars. Selon elle, environ 102 millions de dollars auraient été orientés vers une société dénommée Fast Réseau de Service au Congo.

Les syndicalistes ont également dénoncé des soupçons de surfacturation, d’abus de pouvoir et certaines opérations jugées contestables. Parmi les dossiers cités figurent un financement de plus de 18 millions de dollars accordé à Babil Mining, ainsi que l’acquisition d’un immeuble à Kinshasa, dans la commune de la Gombe, pour environ 15,07 millions de dollars.

Ressources peu utilisées

Dès septembre 2025, Afrewatch avait saisi la Cour des comptes pour demander un audit de la gestion du FOMIN depuis 2018, estimant que la gouvernance du fonds demeurait opaque. Ces critiques rejoignent les préoccupations plus larges sur la traçabilité des ressources issues de la redevance minière.

Le FOMIN est principalement alimenté par une quotité de la redevance minière. Celle-ci est historiquement fixée à 10 % dans le cadre issu du Code minier, même si une clé de répartition plus récente, liée notamment à l’introduction du FONAREV, évoque désormais une part de 8 %. Cette évolution est contestée par certains acteurs.

Selon une étude du Centre de recherche en finances publiques et développement local (CREFDL), le FOMIN aurait enregistré, entre 2020 et 2025, des encaissements estimés à 857 millions de dollars, contre une prévision de 639 millions, soit un taux de réalisation de 134,10 %.

Sur la même période, seulement 441 millions de dollars auraient été engagés ou dépensés, soit 51,52 % des ressources disponibles. Près de 415 millions de dollars seraient ainsi restés non utilisés dans les comptes du fonds.

Pour le CREFDL, cette situation interroge la capacité d’absorption du FOMIN, la cohérence de sa stratégie d’investissement et la traçabilité de certaines affectations.

Parcours

La nouvelle direction hérite donc d’un double défi : restaurer la confiance autour de la gestion du fonds et améliorer l’utilisation des ressources issues du secteur minier. L’enjeu sera de faire du FOMIN un véritable outil de capitalisation à long terme, capable de financer des investissements structurants tout en répondant aux exigences de transparence, de redevabilité et de contrôle public.

Lors de sa prise de fonctions, Godard Motemona a reconnu l’ampleur des défis à relever. Il a appelé le personnel à une mobilisation collective afin de renforcer la performance de l’institution et de mieux orienter ses ressources vers les objectifs pour lesquels elle a été créée.

« Nous devons capitaliser réellement l’héritage acquis au profit des générations futures et transformer celui-ci en opportunité de développement pour garantir la paix », a-t-il déclaré.

Godard Motemona arrive à la tête du FOMIN avec une expérience politique et institutionnelle dans le secteur minier. Ancien député national élu de la circonscription de Mont-Amba, à Kinshasa, il a également occupé les fonctions de vice-ministre des Mines dans les gouvernements dirigés par Jean-Michel Sama Lukonde puis Judith Suminwa.

Ce parcours lui donne une connaissance des enjeux liés à la gouvernance minière, à la mobilisation des recettes extractives et au rôle des établissements publics dans la gestion des ressources naturelles. Mais sa capacité à imprimer une nouvelle orientation au FOMIN sera surtout jugée sur la transparence de la gestion, la clarification des investissements et l’utilisation effective des ressources disponibles.

Ronsard Luabeya

Abonnez-vous à notre newsletter (gratuit)

Chaque jour, recevez les actualités et les analyses de la rédaction de Bankable.


aeroport-de-n-djili-le-paiement-de-la-taxe-d-embarquement-digitalise-des-juillet-2026
Le ministre provincial des Finances de la Ville de Kinshasa, Magloire Kabemba, a annoncé, le 11 juin 2026, l’entrée en vigueur, dès juillet, d’un...
electricite-la-miba-choisie-pour-tester-la-solution-energetique-d-onyo-bt
La Minière de Bakwanga (MIBA) pourrait devenir l’un des premiers sites miniers appelés à tester la solution énergétique proposée par ONYO-BT SARL, une...
villes-nouvelles-l-egypte-se-positionne-sur-plusieurs-projets-en-rdc
La République démocratique du Congo et l’Égypte veulent structurer davantage leur coopération dans le développement urbain et la gestion des villes. Lors...
kisangani-le-prix-du-riz-double-avec-la-degradation-de-la-liaison-vers-opala
Le prix du riz blanc connaît une forte hausse à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo. Selon la Nouvelle dynamique de la société civile du...

 
 

PLUS LUS

Please publish modules in offcanvas position.