La République démocratique du Congo et l’Égypte veulent structurer davantage leur coopération dans le développement urbain et la gestion des villes. Lors de la visite officielle du président Félix Tshisekedi au Caire, le 10 juin 2026, les deux pays ont signé un mémorandum d’entente portant sur ce secteur.
Cet accord figure parmi les quatre textes conclus à l’issue des entretiens entre Félix Tshisekedi et son homologue égyptien Abdel Fattah Al-Sissi. Les deux chefs d’État ont cité le développement urbain parmi les domaines appelés à bénéficier d’un renforcement de la coopération bilatérale, aux côtés des transports, de l’environnement, de la santé, du tourisme, des investissements et des infrastructures.
Ce rapprochement intervient alors que la RDC cherche à accélérer plusieurs projets d’aménagement du territoire et d’extension urbaine, dans un contexte de forte croissance démographique et de pression accrue sur les grandes agglomérations.
En prélude à la visite officielle du président congolais en Égypte, le Comité stratégique pour la supervision du projet d’extension de la ville de Kinshasa a signé, le 9 juin au Caire, deux protocoles d’accord avec Arab Contractors, l’un des grands groupes égyptiens du secteur des infrastructures.
Le premier protocole porte sur la construction d’un musée national des Renaissances. L’infrastructure est présentée comme un équipement culturel destiné à valoriser l’histoire, l’identité et le patrimoine de la République démocratique du Congo. L’accord associe Arab Contractors, le Musée national de Kinshasa et le comité chargé du projet d’extension de la capitale.
Mobilité fluviale
Le second protocole concerne un projet de mobilité fluviale urbaine entre le centre-ville de Kinshasa et Maluku, appelée à accueillir l’extension urbaine de la capitale. Il prévoit notamment la construction d’un chantier naval moderne, l’aménagement de quais d’embarquement et de débarquement, ainsi que la construction et la fourniture de bus fluviaux.
L’objectif est de créer une liaison rapide et durable entre Kinshasa et la future zone urbaine de Kinshasa Kia Mona. Pour les porteurs du projet, cette composante est stratégique, car la réussite de l’extension dépendra aussi de sa connexion avec le centre actuel de la capitale.
L’intérêt égyptien pour les projets urbains congolais ne se limite pas à Kinshasa. En juillet 2025, le gouvernement provincial du Tanganyika avait signé un mémorandum d’entente avec Elahramat Engineering, une entreprise égyptienne rattachée au groupe Mahmoud Samih Holding.
Projets à cadrer
L’accord visait à formaliser l’intention des deux parties d’établir un partenariat pour des projets d’infrastructures dans la province, dont la construction d’une ville nouvelle à Kalemie. Ce projet est présenté comme une réponse aux contraintes d’urbanisation et aux risques récurrents d’inondation dans le chef-lieu du Tanganyika.
Ces différentes signatures ne constituent toutefois pas encore des contrats définitifs de travaux. Aucun montant global, calendrier d’exécution ni schéma de financement n’a été communiqué à ce stade pour les projets évoqués. Il s’agit plutôt d’étapes de cadrage, de mobilisation de partenaires et de structuration de futures interventions.
Arab Contractors n’est pas un acteur inconnu en RDC. Le groupe égyptien a déjà participé à des projets d’infrastructures dans le pays, notamment sur des axes routiers dans l’espace kasaïen, dont l’axe Kamwesha-Kananga.
De son côté, le groupe Mahmoud Samih Holding est présenté par les autorités locales du Tanganyika comme un acteur ayant contribué à certains volets de la nouvelle capitale administrative d’Égypte, mégaprojet emblématique de la politique égyptienne de création de nouveaux centres urbains.
Pour Kinshasa, cette coopération pourrait offrir un accès à une expertise égyptienne dans la planification urbaine, les infrastructures et les villes nouvelles. Mais sa portée réelle dépendra de la transformation de ces protocoles d’accord en projets financés, contractualisés et exécutés.
Boaz Kabeya
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