La République démocratique du Congo renforce sa collaboration avec GeoSigmoid autour de la valorisation de ses données pétrolières et gazières. Le 1er juillet 2026, à Kinshasa, le ministère des Hydrocarbures a signé avec cette société un protocole d’accord portant sur la mise à disposition de données techniques et géopétrolières relatives aux principaux bassins sédimentaires du pays.
L’accord a été signé par la ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, et par le directeur général de GeoSigmoid, Aoues Amares. Selon le ministère, les données concernent notamment le bassin côtier, la Cuvette centrale et la branche occidentale du Rift est-africain, qui comprend le Graben Albertine, le Graben du lac Kivu et le Graben Tanganyika.
Le ministère présente ces informations comme stratégiques pour renforcer la connaissance géologique et géopétrolière du territoire national. Elles doivent aussi soutenir les efforts du gouvernement en matière de promotion, d’exploration et de valorisation du potentiel pétrolier et gazier de la RDC.
GeoSigmoid est présenté comme un cabinet international de conseil spécialisé en ingénierie pétrolière et en gestion des données géoscientifiques, établi à Houston, au Texas. Ses domaines d’intervention incluent notamment la caractérisation des réservoirs, l’interprétation structurale, ainsi que l’intégration et la valorisation des données géologiques et géophysiques destinées au secteur des hydrocarbures.
Données stratégiques
Ce protocole s’inscrit dans une relation déjà ancienne entre GeoSigmoid et le ministère des Hydrocarbures. Dès 2021-2022, la société avait été associée à des travaux de digitalisation, d’interprétation et de valorisation des données relatives aux bassins sédimentaires congolais. En mai 2022, des données techniques avaient été présentées au gouvernement dans le cadre de la préparation des appels d’offres pétroliers.
Ces travaux avaient contribué à documenter le processus qui avait conduit, en juillet 2022, au lancement d’un appel d’offres portant sur 27 blocs pétroliers et 3 blocs gaziers. À l’époque, le gouvernement avait présenté cette opération comme une étape destinée à attirer des investisseurs pour les phases d’exploration et, le cas échéant, de production.
Les autorités congolaises avaient alors affirmé que les périmètres proposés ne recouvraient aucun espace protégé. Cette position avait toutefois été contestée par plusieurs organisations environnementales, qui avaient alerté sur les risques potentiels liés à l’ouverture de certains bassins sensibles, notamment dans la Cuvette centrale.
Le nouvel accord avec GeoSigmoid intervient au moment où le ministère vient d’inaugurer sa première banque nationale de données pétrolières et gazières. Cette séquence est importante : la RDC ne cherche pas seulement à disposer d’une infrastructure informatique de conservation, mais aussi à l’alimenter avec des données techniques structurées sur ses principaux bassins.
La valeur de ces données réside dans leur capacité à mieux orienter les décisions publiques, préparer les négociations avec les investisseurs et renforcer la promotion du potentiel pétrolier et gazier du pays. Dans les hydrocarbures, l’accès à des données fiables est un élément déterminant pour réduire l’incertitude géologique et attirer des opérateurs capables de financer l’exploration.
Potentiel à confirmer
Les estimations présentées en 2022 faisaient état d’un potentiel important dans plusieurs bassins. Le Graben Tanganyika avait notamment été présenté comme pouvant receler jusqu’à 7,25 milliards de barils, avec une valeur potentielle estimée à plusieurs centaines de milliards de dollars. Dans le bassin côtier, les blocs Ndunda, Nganzi et Yema-Matama-Makanzi avaient également été associés à des estimations significatives.
La Cuvette centrale avait, elle aussi, été présentée comme l’un des bassins les plus prometteurs, avec un potentiel estimé à plusieurs milliards de barils. Mais il s’agit d’estimations de potentiel ou de projections géologiques, et non de réserves prouvées.
Cette distinction est essentielle. Seuls des travaux d’exploration approfondis, incluant des études géophysiques complémentaires, des campagnes sismiques et des forages, peuvent confirmer l’existence de gisements économiquement exploitables. À ce stade, les données évoquées servent surtout à mieux documenter les bassins et à orienter les décisions d’investissement.
La RDC avance ainsi dans la structuration de son patrimoine géopétrolier. Mais la valorisation effective de ses bassins dépendra de la capacité du gouvernement à transformer ces données en projets techniquement crédibles, juridiquement sécurisés et économiquement attractifs, sans confondre potentiel géologique et réserves exploitables.
Ronsard Luabeya
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