La République démocratique du Congo (RDC) a exporté plus de 28,2 tonnes d’or en 2025, soit une quasi-stagnation par rapport aux 27,93 tonnes enregistrées en 2024, selon les données consolidées de la Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCMP).
Cette évolution limitée des volumes contraste toutefois avec une hausse marquée de la valeur des exportations. Celle-ci est passée de 1,53 milliard de dollars en 2024 à 2,84 milliards de dollars en 2025, soit une progression d’environ 85,6 %. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de hausse des prix de l’or sur les marchés internationaux.
Selon le World Gold Council, le prix moyen annuel de l’or a progressé de 44 % pour atteindre 110 280 dollars le kilogramme en 2025. Cette tendance est soutenue par une demande élevée et un environnement géopolitique et financier favorable au métal précieux.
Du côté de l’exploitation artisanale, les exportations affichent une progression notable, passant de 1 755,82 kg en 2024 à 2 834,72 kg en 2025, soit une hausse d’environ 61,4 %. Cette performance intervient malgré la prise de la ville de Bukavu par les rebelles du M23, alors qu’elle constituait auparavant la principale plateforme d’exportation d’or artisanal du pays.
Pour compenser cette perte, l’entreprise publique chargée de la commercialisation de l’or artisanal a élargi son dispositif opérationnel en ouvrant plusieurs succursales à travers le territoire en 2025, contribuant ainsi à soutenir les flux d’exportation.
Par ailleurs, la mine industrielle de Kibali Gold Mine illustre également l’effet prix sur les performances du secteur. Exploitée par Barrick Mining, elle a généré un chiffre d’affaires estimé à 2,3 milliards de dollars en 2025, en hausse de 40 % sur un an, malgré une baisse de la production de 2 %, à environ 673 000 onces, un niveau inférieur à l’objectif annuel d’au moins 688 000 onces.
Le groupe attribue cet écart à une diminution des teneurs des minerais traités ainsi qu’à une réduction des volumes extraits dans les zones souterraines les plus riches. Les opérations ont également été perturbées au quatrième trimestre par un incident mortel ayant entraîné l’arrêt temporaire de certaines activités, ce qui a pesé sur les volumes produits en fin d’exercice.
Par ailleurs, un écart de plus de 4 tonnes apparaît entre les sources : selon la CTCMP, Kibali aurait produit plus de 25 tonnes d’or en 2025, tandis que les chiffres de Barrick situent la production à 673 333 onces, soit près de 21 tonnes. Il faut néanmoins préciser que les chiffres de la CTCPM proviennent d’une statistique publique harmonisée, établie à partir de déclarations et de rapprochements administratifs, avec des limites de collecte que l’institution reconnaît elle-même. Ceux de Barrick relèvent, en revanche, de comptes publiés selon des normes internationales d’information financière, ce qui peut contribuer à expliquer une partie des écarts observés.
Timothée Manoke
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