Le marché des assurances en République démocratique du Congo (RDC) devrait dépasser le milliard de dollars au cours des dix prochaines années. La projection est du directeur général de l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA), Alain Kanyinda, qui s’est exprimé le 17 mars 2025 à l’occasion de la célébration des dix ans du Code des assurances. Selon lui, la RDC, avec ses 100 millions d’habitants, pourrait même atteindre un marché estimé à 5 milliards de dollars si la densité d’assurance passait à 5 dollars par habitant, contre moins d’un dollar actuellement.
Pour soutenir cette ambition, l’ARCA mise sur plusieurs leviers : un contrôle plus strict des opérateurs, la sensibilisation et la vulgarisation des produits d’assurance pour améliorer le taux de pénétration — actuellement de 0,71 % du PIB — ainsi qu’un assainissement du marché, notamment en luttant contre l’évasion des primes.
La digitalisation est également perçue comme un catalyseur de croissance. Pour Vincent Mwepu, président de l’Association des sociétés d'assurance et de réassurance de la RDC (ASAR), la vente de produits via le téléphone portable ou d’autres outils numériques permettrait d’étendre l’assurance à tous les coins du pays. Toutefois, cette option n’est pas encore prévue dans le Code des assurances actuel, mais des discussions sont en cours pour adapter le cadre légal, assure le régulateur.
Le secteur des assurances a été libéralisé par la loi du 17 mars 2015, qui a également institué l’ARCA. Cependant, la libéralisation effective n’est intervenue qu’en 2019. Depuis, le marché est en pleine expansion : il est passé d’un chiffre d’affaires de 70 millions de dollars en 2019 à plus de 350 millions en 2024, selon Alain Kanyinda Ngalula.
Cette dynamique a été portée par la diversification des produits, longtemps dominés par l’assurance automobile, et désormais élargis à l’assurance incendie, santé ou encore crédit. Aujourd’hui, le marché congolais compte 48 opérateurs agréés, dont 10 sociétés d’assurance, 36 courtiers et 2 réassureurs panafricains.
Ronsard Luabeya, stagiaire