Lors d’un point de presse gouvernemental, le ministre d’État de la RDC en charge de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire a annoncé la disponibilité prévue de 1 062 tracteurs d’ici fin mars 2025 dans différentes localités du pays, visant à réduire la pénibilité des travaux agricoles, notamment pour les femmes, et à accroître la production dans le secteur.
« Notre agriculture est en bas de l’échelle ; il y a des femmes qui travaillent encore avec des houes. Nous avons distribué 260 000 houes au niveau national et réfléchissons à la mécanisation de l’agriculture dans notre pays », a déclaré le ministre, selon des propos rapportés par l’Agence Congolaise de Presse. Cependant, des détails supplémentaires sur ce projet, tels que le fournisseur des équipements ou les bénéficiaires finaux, n’ont pas été fournis.
Cette initiative n’est pas nouvelle en RDC. Des annonces de distribution de machines agricoles ont été faites en 2024, notamment un lot de 350 tracteurs mentionné par le président Félix Tshisekedi dans son discours à la nation. En juillet 2024, Equity BCDC, filiale du groupe kényan Equity Holdings, a signé un accord avec le concessionnaire Congo Motors pour permettre aux agriculteurs d’acquérir des tracteurs en mode leasing.
L’agriculture est un objectif constant de diversification de l’économie en RDC, où l’offre en produits essentiels, comme le maïs, est inférieure à la demande. Il n’existe pas de bilan consolidé des précédentes opérations de mise à disposition de machines agricoles, rendant complexe l’évaluation de leurs effets concrets sur la productivité.
Au-delà de la mécanisation, le secteur souffre d’un enclavement quasi permanent. Selon une étude du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) relative au plan de développement local de 145 territoires (PDL 145 T), à peine 20 % de la population, majoritairement agricole, a accès à des routes praticables. En complément de la mécanisation, les autorités prévoient de travailler sur 38 000 kilomètres de routes de desserte agricole.
Par ailleurs, des acteurs privés sont impliqués dans l’exploitation des ressources vertes. En octobre 2024, un projet porté par le groupe Mole, basé à Fribourg en Suisse et dirigé par un Congolais d’origine, a été annoncé, avec l’ambition d’investir près d’un milliard de dollars. Selon le ministre de l’Agriculture, ce projet et d’autres feront l’objet de partenariats public-privé et sont en cours de structuration.
Plusieurs bailleurs de fonds interviennent également dans le secteur, dont la Banque Africaine de Développement, qui prévoit de créer plus de 50 000 emplois dans le secteur. Au-delà de l’autosuffisance, la RDC, qui dispose des superficies arables les plus importantes d’Afrique, ambitionne de renforcer son statut d’exportateur de produits agricoles, en diversifiant au-delà du cacao et du café, vers des produits comme le soja ou le piment.
Ce renforcement de la mécanisation est susceptible de générer un minimum de 4240 emplois dans le pays, en considérant que chaque machine agricole nécessite un conducteur, un responsable de maintenance, une personne chargée des approvisionnements en pièces détachées et un responsable administratif et financier pour coordonner l’ensemble des opérations.