Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dépêchée depuis son siège à Washington, achève cette semaine une série de rencontres avec les différentes administrations de la République Démocratique du Congo (RDC). Cette visite s’inscrit dans le cadre de la première revue du programme approuvé en janvier 2025, qui prévoit un décaissement progressif de près de 3 milliards de dollars sur une période de 38 mois. L’objectif est de recueillir les informations nécessaires à l’évaluation de la mise en œuvre des engagements pris par les autorités congolaises dans le cadre de ce programme.
L’équipe du FMI a ainsi pu évaluer le niveau d’exécution des réformes que le gouvernement congolais s’était engagé à mettre en œuvre en 2024, en préparation de ce programme. Une appréciation positive des efforts réalisés ouvrirait la voie à un décaissement de 190,4 millions de droits de tirage spéciaux (DTS) autour du 15 mai 2025, au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). Au taux de change le plus récent (1,40 dollar pour un DTS), cela équivaut à environ 266,6 millions de dollars. Ce montant viendra s’ajouter aux 266,14 millions de dollars déjà accordés en janvier lors de l’approbation du programme.
Une autre composante de ce programme, la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), vise à intégrer les enjeux climatiques et de développement durable dans la gestion budgétaire et la régulation économique. Les discussions ont notamment porté sur un ensemble de sept réformes à mettre en œuvre pour renforcer la prise en compte des considérations environnementales dans la gestion économique du pays. Une évaluation satisfaisante permettrait à la RDC d’accéder à 66,625 millions de DTS supplémentaires, mais le décaissement n’interviendrait pas avant le 15 novembre 2025.
Défis
En accord avec les services du FMI, le gouvernement congolais s’est engagé à fournir plusieurs catégories d’informations permettant d’évaluer régulièrement l’évolution économique du pays et les progrès réalisés dans le cadre du programme. À ce titre, 44 catégories de données doivent être transmises pour la FEC et 12 pour la FRD. Ces informations couvrent des indicateurs financiers, économiques, budgétaires et environnementaux jugés essentiels pour orienter les décisions du FMI.
Cette mission s’est déroulée dans un contexte marqué par une dégradation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les rebelles du M23, soutenus par des forces rwandaises, ont lancé une offensive. Selon les parties, cette instabilité représente un défi supplémentaire pour la mise en œuvre effective du programme convenu avec le FMI.
Face aux défis sécuritaires actuels, le gouvernement congolais avait envisagé, début février, de solliciter l’autorisation du FMI pour réorienter une partie des ressources vers des dépenses sociales destinées à soutenir les forces armées engagées à l’est du pays. On ignore pour l’instant si le sujet a été à l’ordre du jour. Par ailleurs, la formation imminente d’un nouveau gouvernement pourrait également avoir un impact sur la gestion des dossiers économiques en cours.
Les discussions avec le FMI ont principalement impliqué les ministères des Finances, du Budget, des Mines, du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, ainsi que la Banque centrale et d’autres administrations clés chargées de la mise en œuvre du budget national.
Georges Auréole Bamba
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