La biométrie palmaire fait son entrée sur le marché des paiements en République démocratique du Congo (RDC). La solution MainMoney, développée par la fintech éponyme, a été officiellement lancée le 29 avril 2026 à Kinshasa, avec l’ambition de proposer une alternative aux transactions en espèces, encore largement dominantes dans le pays.
Développé comme un terminal de paiement, le dispositif permet d’effectuer des transactions sans carte bancaire ni téléphone mobile, en utilisant la paume de la main comme identifiant. La technologie repose sur le système dit « Palm Vein », qui analyse le réseau veineux interne de la main pour authentifier les utilisateurs.
« Ce que nous voulons expliquer derrière le concept MainMoney, c’est que votre main devient votre portefeuille », a déclaré Sylvain Mubenga, directeur général de MainMoney, lors du lancement. « Nous savons qu’il y a au moins 29 millions de Congolais qui ont un compte mobile money […] mais le cash domine toujours dans notre communauté. Nous avons voulu élargir notre inclusion financière », a-t-il ajouté, selon des propos rapportés par Actualite.cd.
Dans un pays où les paiements en espèces restent prépondérants malgré la progression du mobile money, la solution se positionne comme une alternative destinée à simplifier l’accès aux services financiers numériques. Le système nécessite un enregistrement préalable, permettant de lier les données biométriques de l’utilisateur à son profil de paiement.
Inclusion financière en progression
La biométrie ne remplace pas le compte : elle remplace la carte, le téléphone ou le code pour y accéder. Le système doit donc être connecté soit à un compte bancaire, soit à un compte mobile money, soit à un portefeuille propre à MainMoney. Une fois activé, il permet de réaliser des transactions directement sur terminal, sans support physique ni appareil mobile.
Selon ses promoteurs, la technologie utilisée est difficile à falsifier, car elle repose sur des caractéristiques biologiques internes à la main, contrairement aux empreintes digitales classiques.
MainMoney cible à la fois les particuliers et les entreprises. Le dispositif est destiné à être utilisé dans des environnements tels que les supermarchés, les stations-service ou les établissements de santé, ainsi que dans des contextes professionnels, notamment pour la gestion des paiements ou des rémunérations.
Ces usages restent toutefois à déployer à grande échelle. À ce stade, la solution est présentée comme un outil pouvant s’intégrer aux circuits existants, dans un marché déjà structuré autour du mobile money et des paiements en espèces.
Le lancement intervient dans un contexte où l’inclusion financière progresse. Selon la Stratégie nationale d’inclusion financière 2023-2028, publiée en juillet 2023, le taux d’inclusion financière était de 38 % en 2022. La Banque centrale situe désormais ce taux à 50 %. La stratégie s’est fixé pour objectif d’atteindre 65 % d’ici 2028.
Pierre Mokoko
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