Exploitée par Alphamin Resources, la mine d’étain de Bisie (Nord-Kivu) affiche une production de 18 576 tonnes d’étain pour l’exercice clos au 31 décembre 2025, soit une hausse de 7 % sur un an. Cette performance est globalement conforme à sa guidance révisée (18 000 à 18 500 tonnes), après une suspension temporaire des opérations en mars 2025 pour des raisons de sécurité.
Sur le plan financier, le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (EBITDA) est annoncé à 341,4 millions de dollars en 2025, en hausse de 25 % par rapport aux 274,0 millions de dollars enregistrés en 2024, grâce à l’augmentation des volumes, à l’effet des extensions (Mpama Sud) et à un prix moyen de vente en progression.
Alphamin estime que la combinaison du cours actuel de l’étain et de la stabilité de la production est « de bon augure » pour les flux de trésorerie et, potentiellement, pour la hausse des dividendes. En 2025, la société indique avoir versé 123 millions de dollars de dividendes, soit 0,11 dollar canadien par action (contre 0,09 en 2024). La prochaine décision sur les dividendes est attendue en avril 2026, après la publication des comptes audités.
Selon les projections de la Banque mondiale, les prix de l’étain devraient augmenter d’environ 10 % en 2025, passant de 30 066 dollars la tonne en 2024 à 33 000 dollars en 2025. Début 2026, l’étain a franchi un niveau historique autour de 53 460 dollars la tonne, le 14 janvier, selon des séries de marché largement reprises par les acteurs. Une partie du rallye s’explique par des inquiétudes sur l’offre, notamment en Indonésie et au Myanmar.
20 000 tonnes visées en 2026
En Indonésie, les autorités ont annoncé une opération visant à fermer environ 1 000 sites d’extraction illégale à Bangka Belitung, un élément susceptible de peser sur le flux d’approvisionnement informel. À l’échelle mondiale, l’Indonésie représente autour d’un sixième de la production minière d’étain (ordre de grandeur cohérent avec les statistiques internationales).
Au Myanmar, la mine de Man Maw un pivot de l’offre régionale reste au cœur des anticipations : les autorités de la région Wa ont multiplié les signaux de reprise, mais les modalités administratives et les incertitudes opérationnelles entretiennent la volatilité.
Si la demande structurelle (électronique/soudure, emballage, chimie, et nouveaux usages liés à l’électrification) soutient le métal, plusieurs analyses insistent sur le rôle croissant des facteurs financiers. L’International Tin Association (ITA) souligne que le marché peut devenir vulnérable à des corrections lorsque le positionnement des fonds atteint des niveaux élevés, même en présence de chocs d’offre.
Pour 2026, Alphamin vise une production d’environ 20 000 tonnes, un niveau correspondant à son rythme annualisé ciblé. Mais l’atteinte de cet objectif dépendra de la continuité des opérations. La société affirme observer une recrudescence d’incidents sécuritaires dans la province du Nord-Kivu : la mine est éloignée des zones les plus touchées, mais le profil de risque reste élevé et une dégradation pourrait perturber l’activité.
PM avec l’Agence Ecofin
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