Rio Tinto a officiellement mis fin, le 5 février 2026, aux discussions engagées avec Glencore autour d’une fusion ou d’une autre combinaison possible, faute d’être parvenu à un accord. Dans la foulée, le groupe anglo-suisse a confirmé l’information. Selon les deux parties, en vertu du Code britannique sur les offres publiques d’achat (OPA), Rio Tinto ne peut plus, à court terme, formuler une nouvelle offre, sauf exceptions.
Dans son communiqué, Glencore affirme désormais se concentrer sur la mise en œuvre de ses priorités pour 2026 : atteinte des objectifs opérationnels, dérisquage (réduction des risques) et croissance organique.
En République démocratique du Congo (RDC), où Glencore contrôle les mines de cuivre et de cobalt Mutanda Mining (Mumi) et Kamoto Copper Company (KCC), cette orientation confère un intérêt accru au partenariat envisagé avec le consortium Orion Critical Mineral Consortium (Orion CMC). D’après les informations communiquées jusqu’ici, ce deal en discussion est cohérence avec les priorités de 2026 de Glencore. Il ne prévoit ni changement de contrôle ni rupture opérationnelle, mais plutôt un apport de capitaux et un partage des risques, afin de développer les actifs existants et, éventuellement, d’acquérir de nouveaux actifs.
L’option Orion est, pour l’instant, structurée autour d’un protocole d’accord non contraignant annoncé le 3 février 2026. Il envisage l’acquisition, par ce consortium soutenu par les États-Unis, de 40 % des intérêts détenus par Glencore dans Mumi et KCC, pour une valeur d’entreprise combinée « d’environ 9 milliards de dollars », dette incluse.
La reconfiguration du capital qu’impliquerait l’opération maintiendrait Glencore en position d’actionnaire majoritaire, avec respectivement 57 % et 42 %, aux côtés d’Orion CMC (38 % et 28 %), de l’État (5 % de Mumi) et de Gécamines (30 % de KCC).
Conformément à cette répartition, le schéma prévoit qu’Orion CMC puisse nommer des administrateurs non exécutifs et diriger la vente de sa quote-part de production à des « acheteurs désignés », conformément au partenariat stratégique entre les États-Unis et la RDC, tout en laissant la gestion des mines au groupe anglo-suisse.
Plusieurs étapes restent néanmoins à franchir. Le communiqué Glencore–Orion précise que la transaction demeure conditionnée à la due diligence, à la signature d’une documentation juridiquement contraignante et à l’obtention des autorisations réglementaires applicables. Dans les faits, sa matérialisation dépendra aussi des équilibres de gouvernance et des validations des actionnaires congolais, Glencore et Orion indiquant vouloir travailler avec le gouvernement et Gécamines.
Pierre Mukoko
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