Selon une communication de la Road Development Agency (RDA), l’agence publique chargée des routes en Zambie, le pont de Kakoso, au km 15 sur la section Chingola–Chililabombwe de la T3, a cédé sous l’effet des pluies dans la nuit du 28 février 2026. La T3 constitue l’un des principaux axes menant au poste-frontière de Kasumbalesa, principal point de passage entre la RDC et la Zambie.
Le communiqué, publié le dimanche 1er mars, indique que des investigations préliminaires attribuent l’incident à la défaillance des ouvrages de drainage face à d’importants volumes d’eaux pluviales. Il annonce aussi le lancement de travaux d’urgence et la mise en place d’une déviation afin de rétablir la circulation.
Toutefois, le média namibien NBC, citant les autorités routières zambiennes, rapporte que cette voie temporaire pourrait ne pas supporter les véhicules de transport lourd. Une telle limitation fait craindre des perturbations dans l’approvisionnement en produits de première nécessité en RDC, notamment à Lubumbashi et à Kolwezi, fortement dépendantes des flux transitant par la frontière zambienne.
La RDA précise par ailleurs que, pendant l’exécution des travaux sur la déviation, il est déconseillé aux usagers d’emprunter cet axe, afin d’éviter des embouteillages susceptibles de compromettre le déroulement des interventions d’urgence.
Au troisième trimestre 2025, selon les données de la Bank of Zambia, la RDC a importé pour 426,1 millions de dollars de biens en provenance de la Zambie. Elle s’est positionnée comme une destination majeure des produits agricoles zambiens, ainsi que du soufre, un intrant utilisé dans la fabrication de l’acide sulfurique, indispensable au traitement du cuivre et du cobalt. Une interruption prolongée de cet axe pourrait donc affecter à la fois l’approvisionnement des ménages et certaines chaînes logistiques du secteur minier.
Par ailleurs, cette section routière s’inscrit dans le corridor Walvis Bay–Ndola–Lubumbashi Development Corridor, un axe stratégique reliant Lubumbashi au port de Walvis Bay, en Namibie. Long d’environ 2 690 kilomètres, ce corridor permet l’évacuation d’une partie des minerais issus de la ceinture cuprifère du Katanga vers ce port namibien, avec un temps de transit estimé entre quatre et cinq jours. Il constitue également un maillon important de l’économie logistique régionale, notamment pour l’acheminement vers la RDC de produits halieutiques en provenance de Namibie, transitant par la Zambie avant d’atteindre Kasumbalesa.
Timothée Manoke
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