La future base logistique de Kinshasa Kia Mona, projet d’extension de la capitale congolaise, entre dans une phase de structuration technique. Le Comité stratégique pour la supervision du projet d’extension de la ville de Kinshasa (CSSPEVK) a annoncé la signature, le 2 juillet 2026, d’un protocole d’accord avec la société belge Port of Antwerp-Bruges International (Poabi), en vue d’accompagner le développement de cette infrastructure prévue dans la commune de Maluku.
Le protocole a été signé par Thierry Katembwe Mbala, coordonnateur principal du projet d’extension de la ville de Kinshasa, et Stefan Cassimon, directeur du Poabi. Luc De Clerck, directeur général de l’entreprise belge Pampilie, présentée comme spécialisée dans la réalisation de grands projets, figure également parmi les cosignataires. Le communiqué ne précise toutefois pas le rôle exact que cette entreprise est appelée à jouer dans la suite du processus.
Études à lancer
Selon le CSSPEVK, cette coopération doit permettre de préparer les bases techniques, institutionnelles et opérationnelles d’une plateforme appelée à soutenir le développement économique de la nouvelle ville. Stefan Cassimon a indiqué que Poabi commencerait par l’élaboration d’une feuille de route et d’un plan de faisabilité. Ces travaux devraient couvrir plusieurs volets, dont la gouvernance, les infrastructures, la durabilité, l’environnement, la digitalisation et la formation des personnels appelés à intervenir dans le port, la zone logistique et les infrastructures connectées.
Cette précision est importante : le protocole d’accord ne marque pas encore le démarrage des travaux. Il fixe plutôt un cadre de coopération destiné à préciser la faisabilité, le modèle de gouvernance, les besoins d’infrastructures et les conditions de mise en œuvre de la future base logistique.
Pour Thierry Katembwe Mbala, la signature intervient après près de deux années d’échanges. Le coordonnateur principal du projet y voit à la fois « l’aboutissement » d’un travail préparatoire et le début d’une phase de matérialisation. Il insiste également sur la volonté d’inscrire Kinshasa Kia Mona dans les normes de planification urbaine, sous l’autorité du ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat.
Hub multimodal
L’un des éléments les plus concrets concerne l’emprise prévue pour la base logistique. Sur les 43 000 hectares annoncés pour Kinshasa Kia Mona, 1 000 hectares seraient réservés à cette infrastructure dans le plan d’urbanisation. L’objectif est d’en faire un hub logistique capable d’accompagner la nouvelle ville, mais aussi la cité industrielle appelée à se développer dans la même zone.
Dans l’approche présentée par le CSSPEVK, cette base logistique ne serait donc pas seulement un équipement interne à Kinshasa Kia Mona. Elle devrait aussi servir de point de convergence pour les flux de marchandises, en lien avec la ville de Kinshasa et, plus largement, avec les besoins logistiques de la RDC.
Le partenariat avec Port of Antwerp-Bruges International donne une dimension technique et internationale à cette ambition. La société belge se présente comme la branche internationale du Port d’Anvers-Bruges, spécialisée dans l’exportation d’expertise portuaire. Ses domaines d’intervention couvrent notamment le conseil technique, la gestion portuaire, l’investissement dans certains projets et la formation de professionnels du secteur.
Sur son site, Poabi met en avant une approche intégrée des projets portuaires, incluant les analyses de marché, les diagnostics d’écart, la planification stratégique, la gouvernance portuaire, la connectivité avec l’hinterland, les plateformes logistiques, la durabilité et la formation. Ces domaines recoupent plusieurs des axes évoqués par Stefan Cassimon pour la future base logistique de Maluku.
Le CSSPEVK présente également cette coopération comme un appui à la mise en place d’un plan directeur pour la base logistique et à la structuration d’un hub multimodal connecté au fleuve Congo. À terme, l’enjeu serait de doter Kinshasa Kia Mona d’une plateforme capable de soutenir les échanges, l’approvisionnement des chantiers, les activités industrielles et la circulation des marchandises.
Timothée Manoke
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