La grève déclenchée le 1er juin 2026 par les travailleurs de Tenke Fungurume Mining (TFM) fait peser un risque sur l’un des principaux sites de production de cuivre et de cobalt en République démocratique du Congo. Au cœur du conflit : la contestation de la nouvelle convention collective signée entre la direction de l’entreprise et la délégation syndicale.
Selon des informations relayées par Radio Okapi, les employés poursuivent leur mouvement dans la province du Lualaba, estimant que l’accord conclu ne reflète pas suffisamment leurs revendications salariales et sociales. Ils dénoncent également un processus de négociation jugé peu inclusif.
Dans un mémorandum adressé le 2 juin 2026 au directeur général de TFM, les grévistes accusent la délégation syndicale d’avoir finalisé la révision de la convention collective sans consultation préalable de la base des travailleurs.
Les revendications portent notamment sur la revalorisation du salaire de base, le paiement intégral des heures supplémentaires et l’amélioration générale des conditions de travail. Les agents réclament aussi une indemnité de logement équivalente à 30 % du salaire net, une allocation scolaire de 85 dollars par enfant, une meilleure couverture médicale ainsi qu’une prime de fin de négociation de 1 500 dollars.
Le mouvement a déjà provoqué des perturbations sur le site. Selon Radio Okapi, plusieurs machines industrielles seraient à l’arrêt. Des sources locales font également état de blocages de certaines voies d’accès au site minier, destinés à empêcher les travailleurs favorables à la reprise des activités d’accéder à leurs postes.
Site stratégique
L’enjeu dépasse le seul conflit social interne. TFM, filiale du groupe chinois CMOC, figure parmi les actifs miniers les plus stratégiques du pays. Selon les statistiques minières 2025 de la Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCPM), l’entreprise a produit 509 352 tonnes de cuivre et 32 551 tonnes de cobalt en 2025.
Ces volumes représentent environ 14,6 % de la production nationale de cuivre et près du tiers de la production congolaise de cobalt, même si les données nationales de cobalt publiées par la CTCPM sont en décalage avec les chiffres consolidés communiqués par CMOC pour l’ensemble de ses opérations en RDC. D’après les données du groupe chinois, ses opérations en RDC ont produit environ 741 100 tonnes de cuivre et 117 500 tonnes de cobalt en 2025, pour un chiffre d’affaires de 61,3 milliards de yuans, soit environ 8,6 milliards de dollars américains, en hausse de 21,15 % sur un an.
Toute perturbation prolongée des activités de TFM pourrait donc avoir des effets significatifs sur la production minière du pays, mais aussi sur les performances du groupe CMOC en RDC. À ce stade, aucune communication officielle détaillée de la direction de TFM n’a été rendue publique concernant les revendications des travailleurs, l’ampleur exacte de l’impact sur la production ou les modalités de reprise du dialogue social.
La poursuite du mouvement social place donc l’entreprise face à un double enjeu : contenir les perturbations opérationnelles sur un site majeur de cuivre-cobalt et renouer le dialogue autour d’une convention collective contestée par une partie des travailleurs.
Ronsard Luabeya
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