La République démocratique du Congo explore une nouvelle piste pour renforcer son réseau national de fibre optique. Le 25 juin 2026, le gouvernement, à travers le ministère des Postes, Télécommunications et Numérique, a signé un mémorandum d’entente avec l’entreprise chinoise Genew Technologies pour un projet de déploiement de fibre optique le long du fleuve Congo.
Le projet annoncé porte sur environ 2 100 kilomètres d’infrastructures, dont 1 700 kilomètres de fibre optique le long du fleuve Congo, de Muanda à Kisangani, et près de 400 kilomètres de raccordements terrestres. L’objectif est de créer de grands axes de connectivité capables de renforcer le futur réseau national.
Selon le ministère, cette infrastructure doit s’appuyer sur le fleuve Congo et ses affluents comme corridors de déploiement. Cette option permettrait de contourner une partie des contraintes terrestres qui ralentissent souvent les projets d’infrastructures en RDC, notamment l’étendue du territoire, l’état des routes, les difficultés logistiques et la sécurisation des tracés.
Le coût global du projet est évalué à 1,5 milliard de dollars, selon le président-directeur général de Genew Technologies, Wu Minhua. Plus de 400 millions de dollars seraient nécessaires pour la première phase. Le ministère n’a toutefois pas encore précisé les étapes du projet, le montage financier, la part éventuelle de financement public, les garanties, les modalités de remboursement ni le calendrier d’exécution.
Une offre intégrée
Cette prudence est compréhensible. À ce stade, il s’agit d’un mémorandum d’entente, et non d’un contrat d’exécution. Le document formalise une intention de coopération, mais ne permet pas encore d’établir que le financement est mobilisé ou que les travaux vont démarrer à court terme.
Genew Technologies, dont le siège est à Shenzhen, est présentée comme une entreprise spécialisée dans les solutions de télécommunications. Fondée en 2005, elle intervient notamment dans les équipements de réseau, les infrastructures télécoms et les solutions numériques destinées aux entreprises et aux services publics.
Dans le cadre du mémorandum signé avec la RDC, Genew Technologies indique vouloir mobiliser son expertise pour fournir les équipements, déployer les infrastructures, assurer la maintenance du réseau et former des techniciens congolais. Ce volet formation est présenté comme un moyen de faciliter la mise en œuvre du projet et d’assurer son fonctionnement dans la durée.
Cette initiative intervient dans un contexte de forte activité autour du réseau national de fibre optique. Quelques jours plus tôt, la RDC a lancé une phase de consultation du marché en vue d’un appel d’offres international portant sur la construction et l’exploitation de plus de 11 500 kilomètres de fibre optique, dont 1 500 kilomètres de liaisons internationales.
Retard à combler
Ce projet de 11 500 kilomètres s’inscrit dans le cadre du Projet de transformation numérique, financé par la Banque mondiale et l’Agence française de développement. Il vise à renforcer la connectivité nationale, relier davantage de provinces et étendre l’accès au haut débit dans les territoires.
L’articulation entre les deux initiatives n’a pas encore été précisée. Le projet fluvial de 1 700 kilomètres pourrait constituer un corridor complémentaire au futur réseau national, mais son périmètre exact, son financement et son statut juridique devront être clarifiés.
Le ministère justifie l’urgence de ces investissements par le faible niveau de connectivité du pays. Selon les données citées dans sa communication, le taux de pénétration de la téléphonie mobile atteignait 66 % au premier trimestre 2026, contre 0,7 % pour le réseau fixe. Le taux de pénétration de l’Internet mobile était estimé à 30,4 %, tandis que celui de l’Internet atteignait 43 %.
Ces chiffres montrent l’ampleur du retard à combler pour connecter les 145 territoires du pays. En RDC, le déficit de connectivité freine la numérisation de l’éducation, de la santé, des services publics et des activités économiques. Il limite aussi la capacité de l’État à déployer des services numériques dans les zones rurales et enclavées.
Ronsard Luabeya
Lire aussi :
Fibre optique : Kinshasa prépare un appel d’offres pour 11 500 km de réseau national
Infrastructure numérique : la RDC et UIL finalisent un accord de 150 millions $









