Vodacom RDC a annoncé ne plus être en mesure d’assurer la continuité normale de certains services à Goma et Bukavu, après avoir perdu l’accès à ses sites techniques dans ces deux villes.
Dans un communiqué relayé le 23 juin 2026, l’opérateur indique que cette situation est « indépendante » de sa volonté. Il affirme suivre l’évolution de près et rester mobilisé afin de rétablir l’accès à ses infrastructures et reprendre la fourniture de tous ses services dans les meilleurs délais.
Vodacom ne précise toutefois pas les circonstances ayant conduit à cette perte d’accès. Le communiqué ne mentionne ni intrusion, ni sabotage, ni responsabilité particulière. L’entreprise ne détaille pas non plus les infrastructures concernées ni la liste des services affectés.
Avant cette communication officielle, des témoignages publiés localement sur les réseaux sociaux faisaient déjà état de perturbations du réseau Vodacom à Goma depuis plus de 48 heures. Des abonnés évoquaient notamment des difficultés d’accès aux services de communication et de connexion.
Cet épisode intervient dans un contexte sécuritaire et administratif particulièrement fragile à Goma et Bukavu, deux villes passées sous contrôle de la rébellion de l’AFC/M23. Dans ce type d’environnement, l’accès physique aux infrastructures techniques devient un enjeu déterminant pour la continuité des services télécoms.
Risque pour les paiements mobiles
Ce n’est pas la première fois que Vodacom fait état de perturbations majeures dans cette zone. En janvier 2026, l’opérateur avait annoncé une intrusion dans son centre technique de Goma, entraînant une perte de supervision et de contrôle du réseau. À l’époque, les services affectés comprenaient les appels vocaux, les SMS, l’Internet mobile ainsi que M-Pesa.
La communication actuelle reste toutefois différente. Cette fois, Vodacom parle d’une perte d’accès à ses sites techniques de Goma et Bukavu, sans préciser si les services financiers mobiles sont concernés.
L’absence de détails ne permet donc pas d’évaluer l’ampleur exacte des perturbations. Elle ne permet pas non plus de déterminer si l’ensemble des services de l’opérateur est affecté ou si les difficultés concernent seulement certaines fonctionnalités ou certaines zones de couverture.
Si M-Pesa devait faire partie des services touchés, les conséquences pourraient être importantes pour les populations locales. Dans plusieurs zones sous contrôle de l’AFC/M23, les services bancaires traditionnels fonctionnent difficilement depuis plusieurs mois.
Plusieurs banques et institutions de microfinance ont suspendu leurs activités ou fermé leurs agences, renforçant la dépendance des ménages et des commerçants aux solutions de paiement mobile.
Une interruption prolongée des services financiers numériques pourrait alors affecter les transferts d’argent, les paiements courants et certaines opérations liées aux rémunérations ou aux activités commerciales.
Timothée Manoke
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