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Cuivre : China Railway veut transformer des actifs de la MIBA en projet d’envergure

Cuivre : China Railway veut transformer des actifs de la MIBA en projet d’envergure

Le groupe chinois China Railway Resources Universal Limited (CRRU) veut renforcer sa production de métaux stratégiques en République démocratique du Congo (RDC) à travers un partenariat avec la Minière de Bakwanga (MIBA). Le projet, présenté le 6 mai 2026 au ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, en présence du directeur général de la MIBA, André Kabanda, vise le développement d’un complexe intégré cuivre-cobalt dans le Grand Kasaï, avec des ambitions industrielles et énergétiques de grande ampleur.

Selon les éléments présentés par la délégation chinoise, le projet ciblerait les territoires de Miabi et de Kabeya-Kamwanga, au Kasaï-Oriental. Les capacités évoquées atteindraient entre 200 000 et 500 000 tonnes de cuivre par an, avec un volet énergétique combinant hydroélectricité et solaire pour une capacité comprise entre 250 MW et 500 MW.

Le ministère des Mines présente l’initiative comme un « important projet structurant de développement minier, industriel et énergétique du Grand Kasaï », inscrit dans le cadre du suivi des engagements présidentiels sur la relance du secteur minier et énergétique.

Des actifs de la MIBA remis en avant

Le projet s’appuie sur des actifs miniers déjà identifiés par la MIBA dans le passé. Plusieurs contrats conclus entre 2020 et 2021 avec la société Comikas mentionnaient en effet des indices cuivre-cobalt sur différents permis détenus par l’entreprise publique au Kasaï-Oriental, notamment les permis PR 11858, PR 11859 et PE 410.

Mais ces documents montrent aussi que le potentiel du projet restait encore largement à confirmer. Dans l’un de ces contrats, la MIBA reconnaissait explicitement ne pas disposer « d’informations suffisantes pour déterminer les teneurs et les quantités de cuivre-cobalt » présentes sur le périmètre concerné. Le document précisait que des opérations de recherche devaient être menées afin de déterminer « la quantité, la qualité et la délimitation » des ressources potentielles.

Ces contrats évoquaient également des travaux de recherche destinés à mettre en évidence les gisements cuivre-cobalt localisés entre les rivières Lukula et Lubi, au nord-ouest de la concession de SACIM. On ignore toutefois si ces travaux ont été réalisés.

Malgré les ambitions affichées, plusieurs paramètres essentiels restent donc inconnus à ce stade. Aucune estimation officielle des réserves minières n’a été publiée. Le coût global du projet, le calendrier de développement, les modalités de financement ainsi que la répartition exacte des participations entre CRRU et la MIBA n’ont pas non plus été communiqués.

Un soutien politique affiché

Le ministère des Mines indique néanmoins que les discussions ont porté sur « les mécanismes de mise en œuvre du projet ». Louis Watum Kabamba a réaffirmé « l’engagement du gouvernement à accompagner les investissements structurants susceptibles de contribuer à la transformation économique du pays ». Il a ajouté que le dossier bénéficie d’un suivi particulier du président Félix Tshisekedi, qui souhaite voir le projet se concrétiser rapidement.

La présence de CRRU, filiale du groupe public China Railway, illustre également la volonté des groupes chinois de continuer à renforcer leurs positions dans les projets miniers stratégiques en RDC. Les supports de présentation du projet mettent d’ailleurs en avant plusieurs références associées à l’écosystème minier chinois en RDC, notamment Sicomines, le barrage de Busanga ou encore certains projets de traitement de minerais.

Porté par l’électrification, les véhicules électriques, les centres de données et les infrastructures énergétiques, le cuivre bénéficie d’une forte dynamique de prix depuis plusieurs mois. Selon l’Agence internationale de l’énergie, les prix du cuivre ont atteint des niveaux record en 2026, dépassant brièvement 14 500 dollars la tonne en janvier. Plusieurs institutions internationales, dont la CNUCED, estiment que le monde devra développer de nouvelles mines de grande capacité au cours de la prochaine décennie pour répondre à la demande.

Pierre Mukoko et Ronsard Luabeya

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