La République démocratique du Congo veut s’appuyer sur l’expérience de la Côte d’Ivoire pour accélérer la structuration de sa filière cacao et mieux organiser ses producteurs. Le sujet a été au centre d’une réunion tenue le 2 juin 2026 à Abidjan entre le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et son homologue ivoirien du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Ibrahim Kalil Konaté, en marge de la signature de l’Accord international sur le cacao.
Selon le ministère congolais du Commerce extérieur, Kinshasa souhaite bénéficier de l’expertise ivoirienne « en matière de structuration des coopératives locales », notamment pour renforcer « la protection, l’encadrement et l’accompagnement des producteurs de cacao ».
Premier producteur mondial de cacao, avec près de 2 millions de tonnes par an, la Côte d’Ivoire apparaît comme une référence pour la RDC, dont la filière reste encore peu structurée malgré un potentiel de développement dans plusieurs provinces.
Les deux pays ont également insisté sur la nécessité de renforcer la transformation locale des fèves afin de capter davantage de valeur ajoutée sur le continent. Ils estiment que l’Afrique doit produire davantage de chocolat, de beurre, de poudre et d’autres dérivés du cacao, au lieu de rester principalement exportatrice de fèves brutes.
Transformation locale
Les discussions ont aussi porté sur la volatilité des cours mondiaux du cacao et sur les moyens de mieux protéger les revenus des producteurs africains. Kinshasa et Abidjan disent vouloir coordonner leurs positions face au développement de produits de substitution industrielle au cacao naturel, perçus comme une menace pour la filière.
Le ministère congolais indique également que les deux parties ont évoqué le projet Inga, présenté comme un levier essentiel pour garantir une énergie stable à l’industrialisation du cacao et à d’autres chaînes de valeur agricoles.
Cette réunion intervient alors que la RDC cherche à relancer sa propre filière cacao. En mai, Julien Paluku avait présenté un plan interministériel visant notamment l’organisation des petits producteurs en coopératives, le renforcement de la transformation locale et l’appui au financement des campagnes d’achat à travers le Fonds de promotion de l’industrie.
À travers cette stratégie, Kinshasa ambitionne de faire de la RDC l’un des grands producteurs mondiaux de cacao d’ici cinq ans. Le gouvernement évoque un objectif de 3 millions de tonnes à l’horizon 2030, contre environ 100 000 tonnes en 2024, selon les données du ministère du Commerce extérieur. Cet objectif suppose toutefois une forte montée en puissance de la production, de l’encadrement des producteurs, des capacités logistiques et des outils de transformation locale.
Ronsard Luabeya
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