L’institution de microfinance Advans Congo a clôturé l’exercice 2025 sur des résultats contrastés. Son activité commerciale et ses revenus ont progressé, mais sa rentabilité a nettement reculé sous l’effet de la hausse des charges d’exploitation et du coût du risque.
Selon son rapport Pilier III, le résultat net est passé de 2,15 milliards de francs congolais en 2024 à 745,8 millions de francs congolais en 2025, soit une baisse d’environ 65 % en monnaie locale. Converti aux taux de clôture indiqués dans le rapport, il passe d’environ 756 000 dollars à 342 000 dollars, soit un recul d’un peu plus de moitié.
Cette baisse intervient pourtant dans un contexte de croissance des revenus. Le produit net financier, principal indicateur des revenus générés par l’activité bancaire, a progressé de 38,5 %, pour atteindre 52,8 milliards de francs congolais en 2025, contre 38,1 milliards un an plus tôt.
Le résultat brut d’exploitation a également augmenté de 18,6 %, passant de 9,85 milliards à 11,68 milliards de francs congolais. Cette progression montre que l’activité opérationnelle est restée dynamique, malgré un environnement encore marqué par des contraintes de pouvoir d’achat, de remboursement et de risque.
Portefeuille en hausse
La croissance se reflète aussi dans le portefeuille de crédits. Les crédits bruts ont atteint 119,36 milliards de francs congolais à fin 2025, contre 114,2 milliards en 2024. Converti aux taux de change de clôture de chaque exercice, le portefeuille est passé d’environ 40,1 millions à 54,7 millions de dollars.
Advans Congo indique également avoir servi 101 262 clients à fin 2025, avec 96,05 milliards de francs congolais de dépôts mobilisés et 116,84 milliards de francs congolais d’encours de crédits.
Cette dynamique s’est toutefois accompagnée d’une forte hausse des charges. Les charges générales d’exploitation ont progressé de 43,7 %, pour atteindre près de 21 milliards de francs congolais, tandis que les charges du personnel ont augmenté de 46,8 %, à 19,7 milliards de francs congolais.
Cette évolution doit être analysée à la lumière de l’expansion récente du réseau de l’institution. Advans Congo avait ouvert deux nouvelles agences à Lubumbashi et Kolwezi, dans le Grand Katanga, au cours du dernier trimestre 2024. Ces implantations ont fonctionné sur une année complète en 2025, ce qui a mécaniquement accru leur poids dans les charges.
Risque de crédit
Le rapport souligne d’ailleurs la montée en puissance de ces agences, portées par le dynamisme économique des zones minières et commerciales du Haut-Katanga et du Lualaba. Depuis fin 2024, Advans Congo est passée de neuf à onze agences, dans le cadre de sa stratégie d’expansion géographique.
La qualité du portefeuille a également pesé sur les résultats. Les crédits litigieux bruts sont passés de 8,83 milliards de francs congolais en 2024 à 10,75 milliards en 2025. Leur part dans le total des crédits bruts est passée de 7,7 % à 9 %.
Pour couvrir cette hausse du risque, l’institution a renforcé ses provisions sur crédits litigieux, qui ont atteint 6,59 milliards de francs congolais, contre 5,33 milliards un an auparavant. Les dotations et pertes sur créances irrécouvrables se sont élevées à 8,76 milliards de francs congolais en 2025, contre 5,3 milliards en 2024.
Cette évolution explique en grande partie le recul du résultat net, malgré la progression du produit net financier et du résultat brut d’exploitation.
Le rapport mentionne aussi un environnement marqué par la volatilité du franc congolais et par des pressions sur la capacité de remboursement des ménages et des entreprises. Les taux de conversion retenus montrent un net raffermissement du franc congolais en fin d’exercice, le dollar passant de 2 845 francs congolais fin 2024 à 2 181 francs congolais fin 2025.
Transformation numérique
Cette évolution a pu affecter certains emprunteurs dont les revenus sont libellés en devises mais les engagements en monnaie locale. Toutefois, le rapport d’Advans Congo n’établit pas de lien direct entre l’évolution du taux de change et la hausse des crédits litigieux. Cette hypothèse doit donc être considérée avec prudence.
Pour 2026, l’institution entend poursuivre sa stratégie de transformation. Ses priorités portent notamment sur le renforcement de sa présence territoriale, avec l’ouverture de nouvelles agences dans des zones encore peu desservies par les services financiers formels.
Advans Congo prévoit également d’accélérer sa transformation numérique, notamment avec le développement de services digitaux comme la solution Bank-to-Wallet, qui permet des transferts entre comptes Advans et portefeuilles mobiles.
L’institution prévoit par ailleurs le lancement de nouveaux produits, notamment dans le crédit agricole, l’entrepreneuriat féminin, la bancassurance et le financement des énergies renouvelables.
Timothée Manoke
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