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Batteries : la RDC mise sur l’ITC pour arrimer sa stratégie aux marchés internationaux

Batteries : la RDC mise sur l’ITC pour arrimer sa stratégie aux marchés internationaux

Le 24 février 2026, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a reçu les responsables du Conseil congolais de la batterie (CCB), chef d’orchestre de la stratégie nationale « batteries », et du Centre du commerce international (ITC). Au centre de l’audience : « un partenariat stratégique visant à développer des chaînes locales de transformation des minerais destinés aux batteries ».

Selon la communication officielle diffusée à l’issue de la rencontre, l’initiative prévoit un appui technique de l’ITC et l’accès à son réseau international pour accompagner la transformation locale, en identifiant des partenariats public-privé et des marchés cibles. Le projet est présenté comme transversal, mobilisant l’énergie, les mines, l’industrie, les infrastructures et le commerce.

Derrière ce cadrage, Kinshasa cherche à réduire la distance entre ses minerais et les marchés. Le recours à l’ITC — agence onusienne spécialisée dans l’appui au commerce et l’intégration des pays en développement dans les chaînes de valeur — suggère une approche centrée sur l’accès aux débouchés, aux standards et aux réseaux de partenaires, alors que la stratégie « batteries » peine encore à se traduire en investissements industriels finalisés.

Défis de pilotage interministériel

En mars 2025, le ministre de l’Industrie et du Développement des PME de l’époque, Louis Watum Kabamba, avait lancé les travaux d’aménagement de la Zone économique spéciale (ZES) de Musompo (Lualaba), destinée à accueillir des activités allant des précurseurs aux batteries, avec une possible extension vers l’assemblage. La zone couvre plus de 900 hectares. Les travaux sont évalués à plus de 200 millions de dollars, et un objectif d’environ 2 milliards de dollars d’investissements privés est avancé, avec 25 000 emplois directs et 60 000 indirects attendus.

Mais la dynamique d’exécution reste lente. En novembre 2025, lors d’un échange avec le ministre des Mines actuel — Louis Watum Kabamba — à l’occasion du forum Makutano, le directeur général d’Arise IIP, développeur impliqué dans plusieurs ZES en RDC dont Musompo, a regretté un ralentissement du dossier. « Après le départ du ministre (de la tête du ministère de l’Industrie en août dernier), on a l’impression que les choses se sont un petit peu effritées », avait affirmé Romain Deniel.

Ce dernier a rappelé que la mise en place d’une zone économique spéciale « nécessite l’intervention de quatre, cinq, parfois six ministères » et suppose donc « une coordination importante ». Il a ajouté qu’au-delà du montage administratif, la chaîne de valeur des batteries est un segment « très stratégique » qui requiert aussi « l’assentiment des opérateurs qui sont présents », car le projet est susceptible d’« avoir un impact sur la chaîne de valeur ».

Levier ITC

Cette séquence résume un point central : la transformation locale ne dépend pas seulement de la volonté politique ou des études techniques, mais de la capacité de l’État à maintenir un pilotage interministériel stable — mines, énergie, industrie, finances, infrastructures — et à composer avec les équilibres d’un secteur minier déjà structuré autour de chaînes d’exportation et d’acteurs dominants. Les arbitrages portent autant sur l’accès à l’énergie et aux infrastructures que sur les incitations fiscales, les exigences de contenu local, les conditions d’approvisionnement et la place des opérateurs existants dans le futur modèle industriel.

Dans ce contexte, la coopération annoncée avec l’ITC apparaît comme un levier complémentaire : pendant que les projets industriels cherchent encore leur vitesse de croisière, Kinshasa tente de sécuriser un autre maillon critique — l’accès aux marchés et aux partenaires. L’ITC pourrait contribuer à clarifier les débouchés, les normes et les exigences de traçabilité, à identifier des partenaires industriels ou financiers, et à structurer des chaînes de valeur compatibles avec les attentes des marchés internationaux. L’enjeu, pour la RDC, est d’éviter que la stratégie « batteries » reste cantonnée à des annonces de zones industrielles et de l’arrimer à des opportunités commerciales et industrielles concrètes.

Reste une inconnue majeure : le contenu opérationnel de ce partenariat. La communication officielle évoque un appui technique et un accès au réseau international de l’ITC, mais ne précise ni calendrier, ni livrables, ni volumes, ni segments industriels visés (raffinage, précurseurs, composants, assemblage).

Pierre Mukoko et Boaz Kabeya

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