Le projet de développement d’un complexe cuivre-cobalt porté par China Railway Resources Universal (CRRU) et la Minière de Bakwanga (MIBA) dans le Grand Kasaï franchit une nouvelle étape. Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a procédé, le 25 juin 2026, au lancement officiel des activités de prospection géologique à Miabi, dans le Kasaï-Oriental.
Cette campagne marque le passage du projet à une phase de terrain. Elle doit permettre de mieux documenter le potentiel minéral des zones concernées, avant toute décision sur une éventuelle exploitation industrielle.
La prospection intervient près de deux mois après la présentation du projet au gouvernement. Début mai, une délégation de China Railway Resources Universal avait exposé au ministre des Mines les contours d’un complexe intégré cuivre-cobalt à développer dans les territoires de Miabi et de Kabeya-Kamwanga.
Le dossier évoquait alors un projet d’envergure, avec une ambition de production importante et un volet énergétique destiné à alimenter les futures installations industrielles. Mais plusieurs paramètres essentiels restaient inconnus, notamment les volumes, les teneurs, le périmètre exact des permis, le coût du projet, le calendrier et les modalités de financement.
Données géologiques
C’est précisément sur ce point que le lancement de la prospection prend son importance. Des documents antérieurs liés à la MIBA relevaient déjà l’insuffisance des données disponibles sur les gisements de cuivre-cobalt dans la zone. Les quantités et les teneurs ne pouvaient pas encore être établies avec certitude, ce qui rendait nécessaire une phase de recherche géologique avant toute décision d’investissement.
Les travaux engagés à Miabi doivent donc permettre de produire les données nécessaires pour orienter les prochaines étapes : estimation des ressources, études de faisabilité, structuration industrielle, financement et éventuelle mise en développement.
Pour le gouvernement, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de valorisation du potentiel minier national. Louis Watum Kabamba a rappelé que près de 90 % du potentiel minier de la RDC resterait encore à découvrir, appelant à renforcer la connaissance du sous-sol pour mieux orienter les investissements.
Diversification pour la MIBA
Le ministre a également invité les communautés de Miabi et de Kabeya-Kamwanga à accompagner l’initiative. Cette dimension locale sera déterminante si le projet devait passer, à terme, de la prospection à l’exploitation. Dans une région marquée par de fortes attentes économiques, la transparence sur les retombées, l’emploi, l’environnement et les droits des communautés constituera un enjeu central.
L’implication de la MIBA donne une portée particulière au projet. L’entreprise publique, longtemps associée à l’exploitation du diamant au Kasaï, pourrait voir dans ce projet une voie de diversification vers d’autres minerais. Mais son rôle exact dans le montage, la détention des droits, la gouvernance et les futures retombées économiques reste à préciser.
La présence de China Railway Resources Universal ajoute une dimension industrielle et financière au dossier. Le groupe chinois avait déjà présenté, en mai, l’ambition de transformer des actifs de la MIBA en projet minier de grande envergure.
Plusieurs inconnues demeurent toutefois. Le ministère n’a pas communiqué, à ce stade, le budget de la campagne de prospection, sa durée, les permis concernés, le calendrier des résultats ni les obligations précises des partenaires. Un troisième acteur a également fait son apparition dans le projet, LBK Construction SARL, dont le rôle reste à clarifier.
Boaz Kabeya
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