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Banques : la BCC veut durcir les plans de prévention et gestion des crises d’ici juin 2026

Banques : la BCC veut durcir les plans de prévention et gestion des crises d’ici juin 2026

La Banque centrale du Congo (BCC) prévoit d’encadrer plus strictement les plans de prévention et de redressement exigés des banques, dans le cadre du programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Dans son rapport publié en janvier 2026, le FMI relaie l’engagement de la BCC d’adopter, d’ici juin 2026, une instruction précisant les informations à inclure dans ces plans, notamment « des scénarios de crise de liquidité » et des scénarios portant sur « la perte d’une ou plusieurs relations avec des banques correspondantes ».

Le FMI précise que la nouvelle instruction s’appuiera sur les démarches déjà engagées. « Sur la base des plans soumis par les banques commerciales en mai 2025 », la BCC doit procéder à un examen des accords de coopération transfrontalière avec les pays d’origine des maisons-mères des banques présentes en RDC, afin d’y intégrer des dispositifs de redressement et de résolution. L’enjeu est de clarifier, en amont d’une crise, la coordination entre superviseurs et groupes bancaires.

L’objectif des plans de prévention et de redressement est de tester la capacité des banques à faire face à un stress de trésorerie (en devises ou en monnaie locale) et à documenter des options de redressement réalisables (mobilisation d’actifs liquides, restrictions internes, déclenchement de mesures de continuité, etc.). Cette logique s’inscrit dans un chantier plus large : la BCC doit d’ailleurs établir, d’ici décembre 2025, un cadre d’assistance de liquidité d’urgence destiné aux institutions solvables confrontées à une illiquidité temporaire.

Dépendance aux correspondants

Il est aussi question de contrôler la dépendance des banques locales à leurs correspondants étrangers, relations indispensables pour exécuter ou recevoir des paiements internationaux, notamment en dollars. Le FMI souligne que, même si la liquidité agrégée est jugée adéquate, une vulnérabilité demeure : une part importante des actifs liquides est concentrée auprès de correspondants étrangers ou de banques mères, et ces relations manquent de supervision formelle par la BCC.

À fin juin 2025, les créances sur banques correspondantes atteignent environ 10,6 milliards de dollars, pour des dépôts en dollars dans le système évalués à 13 milliards. Or les relations entre les banques locales et leurs correspondants sont susceptibles de se dégrader, d’autant que la RDC n’a pas réussi à sortir de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) en 2025, comme attendu. Ce maintien parmi les juridictions sous surveillance renforcée présente la RDC comme un pays à risque en matière de blanchiment d’argent, de financement du terrorisme et de prolifération des armes.

Au niveau international, plusieurs institutions documentent le recul des relations de correspondance bancaire dans des juridictions perçues comme plus risquées. Le FMI a déjà averti que la réduction de ces relations peut perturber certaines transactions (paiements commerciaux, remises, frais médicaux ou d’éducation) dans des pays comme la RDC.

Plan antichocs

À court terme, l’exigence de plans plus détaillés peut pousser les banques à une gestion plus prudente de leur bilan : davantage de liquidité de précaution, politique de crédit plus sélective et stress tests de résistance. Les scénarios de rupture de correspondants peuvent aussi conduire à renforcer les dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ainsi que les contrôles des profils clients, car le maintien de correspondants dépend souvent du coût et du niveau de conformité.

Mais l’objectif recherché est une meilleure capacité des banques à absorber des chocs sans rupture de service : continuité des paiements internationaux, accès maintenu aux circuits en devises et réduction du risque que des tensions de liquidité se transforment en crise de confiance. En parallèle, le FMI suit d’autres chantiers de stabilité financière, dont la mise en place d’un système de protection des dépôts prévu par la loi bancaire.

En ciblant explicitement la liquidité et la perte de correspondants, l’instruction attendue d’ici juin 2026 vise ainsi à formaliser des réponses « prêtes à l’emploi » face à deux vulnérabilités jugées structurantes pour le système bancaire congolais.

Pierre Mukoko et Boaz Kabeya

Lire aussi :

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