Le gouvernement congolais a adopté, lors de la 90ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres du 22 mai 2026, un programme national de désenclavement et de connectivité routière portant sur un réseau identifié de 22 000 kilomètres.
Présenté par le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, ce programme vise à connecter les chefs-lieux des provinces et des territoires, à préserver les axes déjà ouverts ou réhabilités et à moderniser progressivement le réseau routier national.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres, il prévoit notamment la stabilisation, le bitumage ou le bétonnage des routes en fonction de leur importance économique, stratégique et sécuritaire.
Un réseau prioritaire
Ce programme intervient après plusieurs réajustements opérés dans la stratégie gouvernementale de désenclavement routier engagée depuis 2025. Au début de cette période, les autorités avaient lancé un vaste programme de réhabilitation de 38 000 km de routes de desserte agricole et de 11 423 km de routes prioritaires à travers le pays, avec l’objectif de renforcer l’intégration territoriale et de soutenir les bassins de production agricole.
Le projet reposait notamment sur le déploiement de brigades routières dans les provinces, ainsi que sur la réhabilitation de plusieurs corridors nationaux jugés structurants pour les échanges économiques.
Mais au fil des mois, son exécution a mis en évidence les contraintes financières, logistiques et techniques liées à l’ampleur des objectifs annoncés. Des données relayées fin 2025 indiquaient qu’environ 8 000 km de routes de desserte agricole avaient été réhabilités, un niveau inférieur aux 38 000 km initialement projetés.
Dans plusieurs provinces, des travaux ciblés ont néanmoins été engagés avec le déploiement progressif de brigades routières et la réhabilitation de certains tronçons prioritaires, notamment dans le Kasaï-Oriental, le Haut-Katanga, la Tshopo et le Kongo-Central.
Des objectifs resserrés
Face à ces contraintes, le gouvernement a progressivement réorienté son approche vers des objectifs plus ciblés. Lors de son discours sur l’état de la Nation du 8 décembre 2025, Félix Tshisekedi a ainsi annoncé la réhabilitation de 3 735 km de routes de desserte agricole pour l’année 2026, en mettant davantage l’accent sur des corridors stratégiques précis.
Le chef de l’État avait alors cité plusieurs axes prioritaires, notamment 115 km entre Tshikapa et la frontière angolaise sur la RN1, 229 km sur la RN39 entre Kamwesha, Bakwanga, Tshimbulu et Mbuji-Mayi, 475 km sur la RN2 pour relier Mbuji-Mayi à Bukavu, 1 184 km sur la RN7 entre Kananga et Kisangani, 856 km sur la RN8 entre Mbandaka et Ikela, ainsi que 750 km sur la RN4 entre Kisangani, Bunia et Mahagi.
Le président congolais avait également annoncé la modernisation du tronçon ferroviaire Kisangani-Ubundu dans le cadre d’un partenariat public-privé.
À travers cette nouvelle orientation, l’exécutif semble désormais privilégier la consolidation d’un réseau routier prioritaire destiné à soutenir la circulation intérieure, les échanges économiques et l’intégration territoriale dans un pays où une grande partie des zones rurales reste difficilement accessible.
Les modalités de mise en œuvre du programme restent toutefois à préciser.
Boaz Kabeya
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