Le gouvernement congolais a décidé de prolonger de 45 jours la suspension ou la réduction de plusieurs taxes et frais liés à l’importation des produits pétroliers. La décision figure dans une lettre signée le 5 mai 2026 par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka (photo). Elle concerne notamment les ministères de l’Économie nationale, des Hydrocarbures et des Finances.
Selon la Primature, cette mesure est liée à « la persistance de la crise pétrolière découlant du conflit dans le golfe Persique ». Le gouvernement estime que cette situation continue de peser sur les coûts d’approvisionnement en carburants.
Plusieurs frais restent donc suspendus, notamment les frais sanitaires, les frais d’hygiène aux frontières, certains frais de régulation, les frais LMC, les frais CGW ainsi que la redevance DGDA. D’autres frais, comme ceux liés à l’inspection, au contrôle et à la CVM, restent réduits de moitié.
Cette prolongation intervient alors que le gouvernement vient aussi de revoir à la baisse les prix des carburants dans la zone Est. Par arrêté signé le 4 mai 2026, le vice-Premier ministre chargé de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a fixé de nouveaux prix applicables à partir du 5 mai 2026 dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri, le Maniema, le Haut-Uele et le Bas-Uele. Dans cette zone, le litre d’essence passe de 4 400 à 4 205 FC et celui du gasoil de 5 600 à 5 395 FC.
Cette révision intervient après plusieurs semaines de tensions sur l’approvisionnement dans certaines localités de l’Est. À Beni, le litre d’essence avait parfois dépassé 20 000 FC sur le marché parallèle, selon des médias locaux.
Quelques semaines plus tôt, le gouvernement avait déjà relevé les prix réglementés des carburants dans plusieurs zones du pays. Dans la zone Ouest, le litre d’essence était passé de 2 440 FC à 2 640 FC, tandis que celui du gasoil passait de 2 430 FC à 2 635 FC. Dans la zone Nord, ces prix s’établissent respectivement à 3 350 FC et 3 345 FC. Dans la zone Sud, les prix du litre d’essence et du litre de gasoil sont fixés respectivement à 3 930 FC et 4 465 FC.
Avec cette prolongation, Kinshasa cherche à limiter une nouvelle hausse des prix à la pompe. Le carburant reste un produit sensible en RDC, car son coût influence directement le transport, les prix des biens de consommation et l’activité économique.
Boaz Kabeya
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