Le gouvernement congolais a engagé une nouvelle phase d’intervention sur le marché du maïs dans le Haut-Katanga. Le 6 mai 2026, le Fonds de régulation économique (FOREC) a signé un protocole d’accord avec les producteurs regroupés au sein du Consortium des agriculteurs du Congo (AGRICO), en vue de soutenir à la fois la consommation et la production locale.
Selon les informations relayées par les médias locaux, l’accord prévoit un programme de subvention de la farine de maïs sur trois mois, destiné à contenir la hausse des prix et à améliorer l’accès des ménages à ce produit de base. Le dispositif repose sur une intervention ciblée du FOREC, appelée à être évaluée à l’issue de cette période en vue d’une éventuelle prolongation.
Cette initiative marque le retour opérationnel du FOREC dans son rôle de stabilisation des marchés. Le secrétaire exécutif de l’institution, Jean-Paul Nemoyata, souligne que la mesure vise à appuyer les efforts du gouvernement provincial, dans un contexte de forte pression sur le coût de la vie.
Au-delà de la réponse conjoncturelle, le dispositif intègre également un volet structurel, avec des mesures envisagées pour soutenir la production locale et réduire la dépendance aux importations.
La mesure, dont le coût n’a pas été dévoilé, intervient alors que le marché du maïs connaît de fortes tensions dans la région. À Lubumbashi, le prix du sac de farine de maïs de 25 kg est passé de 35 000 à 60 000 francs congolais en mars 2026, soit une hausse de plus de 70 % en quelques semaines.
Cette volatilité est largement liée à la dépendance du Katanga aux importations. Selon la Banque centrale du Congo, près de 70 % des besoins en maïs des provinces du Haut-Katanga, du Lualaba et du Tanganyika étaient encore couverts par des importations en 2024.
Pour répondre à cette demande, les opérateurs économiques ont mis en place, en 2025, un dispositif logistique permettant d’acheminer environ 150 000 tonnes de maïs par an, principalement depuis les pays voisins comme la Zambie.
Les subventions agricoles ne constituent pas une nouveauté dans le Haut-Katanga. Les autorités provinciales ont déjà mis en place, ces dernières années, des programmes d’appui aux producteurs, notamment à travers la distribution d’intrants et le soutien aux exploitations locales.
Cependant, la mobilisation du FOREC introduit une évolution notable : l’État ne se limite plus à soutenir la production, mais intervient directement sur le marché pour influencer les prix, dans une logique de régulation.
Ronsard Luabeya
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