Le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia Lebabonga, a suspendu les travaux engagés dans la Boucle de la Tshopo, à Kisangani, après plusieurs alertes lancées par des organisations environnementales et la société civile. Cette décision intervient alors qu’un projet de lotissement y avait été lancé, dans une zone présentée par des ONG comme stratégique pour l’équilibre environnemental et énergétique de la ville.
Selon la presse locale, le projet, baptisé « Batiambomake », avait été officialisé par un arrêté signé le 17 mars 2026. Il prévoyait l’aménagement de 560 parcelles résidentielles de 25 mètres sur 30, ainsi que 20 parcelles commerciales. Des opérations de défrichage et de piquetage avaient déjà commencé sur le site.
Située sur la rive droite de la rivière Tshopo, la Boucle de la Tshopo couvre environ 400 hectares. D’après l’ONG ADN-RDC, elle aurait été créée par l’ordonnance coloniale n°304/AGRI du 9 septembre 1953. Elle joue un rôle dans la régulation climatique locale, la protection du barrage hydroélectrique de la Tshopo et la préservation des sources d’eau exploitées par la REGIDESO.
Face aux critiques, le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Matheus Kanga, a convoqué, le 1er mai 2026, une réunion avec plusieurs responsables provinciaux, dont le ministre provincial des Affaires foncières ainsi que les directeurs provinciaux de la SNEL et de la REGIDESO. Une descente sur le site a également été effectuée pour évaluer l’état de la réserve.
Plusieurs experts et organisations environnementales ont alerté sur les conséquences possibles d’une urbanisation de cette zone. Le professeur Corneille Ewango, cité par Singamwambe, estime que le lotissement exposerait davantage la centrale hydroélectrique aux sables et à l’érosion. L’ONG OCEAN évoque également un risque de fragilisation du pont Tshopo.
ADN-RDC affirme, de son côté, qu’environ 70 % de la réserve serait déjà occupée illégalement, avec des déboisements, des champs agricoles improvisés, des campements et des déplacements de bornes. L’organisation réclame l’arrêt de toute tentative de lotissement, l’ouverture d’enquêtes et le renforcement de la protection juridique de la zone.
Boaz Kabeya









