La construction et la mise en concession du port sec congolais de Kwala, en Tanzanie, nécessiteront un investissement estimé à 291,298 millions de dollars. C’est ce qui ressort de la fiche d’approbation du partenariat public-privé, datée du 11 avril 2026 et signée par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Le document, publié le 30 avril, approuve le marché au bénéfice de Boston Developers Ltd. L’entreprise, basée à Dubaï aux Émirats Arabes, avait signé son contrat avec l’État le 12 mars. Lors de cette signature, les principaux paramètres financiers du partenariat n’avaient pas été rendus publics.
Ce montant permet désormais de mieux apprécier l’ampleur du projet, inscrit dans la coopération logistique entre Kinshasa et Dodoma autour du corridor central. Plusieurs éléments restent toutefois non précisés dans la fiche consultée, notamment la durée de la concession, les projections de recettes, le calendrier des travaux ainsi que les obligations détaillées du concessionnaire.
Selon les communications faites autour du projet, le coût devrait être porté par le partenaire privé. Le port sec congolais de Kwala doit s’intégrer au hub logistique de Kwala, situé à environ 60 kilomètres du port de Dar es-Salaam. Cette plateforme, inaugurée le 31 juillet 2025 par la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan, est présentée par les autorités tanzaniennes comme un outil destiné à désengorger Dar es-Salaam et à renforcer le rôle régional de la Tanzanie dans le transport de transit.
Dans ce dispositif, la RDC dispose de 45 hectares sur le site de Kwala. Ces installations doivent faciliter les opérations de dédouanement, améliorer la traçabilité du fret congolais à l’importation comme à l’exportation et contribuer à réduire les coûts logistiques.
À terme, selon les projections, l’intégration du port sec de Kwala pourrait réduire les délais de transit des marchandises congolaises d’environ 10 jours, en les faisant passer d’environ 15 à 16 jours à 5 à 6 jours.
Le projet s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération logistique entre la RDC et la Tanzanie. En contrepartie des espaces accordés à la RDC en Tanzanie, la partie congolaise a mis à disposition de la Tanzanie des terrains dans le Haut-Katanga, notamment à Kasenga et Kasumbalesa, ainsi qu’un site évoqué à Kasanbondo, dans le Tanganyika.
Outre Kwala, la RDC bénéficie également d’un espace de 15 hectares au port de Katosho, à Kigoma, sur la rive tanzanienne du lac Tanganyika. Ce second site doit compléter le dispositif logistique congolais en Tanzanie, notamment pour faciliter les échanges avec l’est de la RDC.
Timothée Manoke
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