Après avoir conclu en 2025 un accord de 367 millions de dollars pour prendre le contrôle de 56 % d’Alphamin Resources, opérateur de la mine d’étain de Bisie dans le Nord-Kivu, International Resources Holding (IRH) est désormais cité à propos d’actifs de cuivre et de cobalt dans le Lualaba. Cette présence est rapportée par Africa Intelligence, qui relie le groupe émirati à certaines structures devenues partenaires de la Gécamines dans cette province à l’issue de cessions de titres miniers intervenues en septembre dernier.
Selon les documents officiels dévoilés il y a quelques semaines, le projet Kabulungu, qui porte sur un gisement de cuivre et de cobalt dans la province du Lualaba, est désormais logé au sein de Kabulungu Kamilombe Mining (KKM). Cette coentreprise est détenue à 40 % par la Gécamines et à 60 % par Falcon Resources. Les actes officiels confirment donc la cession partielle par la Gécamines de cet actif à Falcon Resources, sans mentionner explicitement IRH.
D’autres opérations ont également été menées autour de permis liés aux rejets et remblais miniers dans le Lualaba. Ces actifs ont été transférés à Kongo Mining Company (KMC), issue d’un partenariat entre la Gécamines et Luna Mining. Là encore, les sources publiques établissent l’existence de ces cessions et de cette structure, mais ne documentent pas directement un lien capitalistique avec IRH.
Néanmoins, Africa Intelligence affirme que Falcon Resources et Luna Mining sont liées au groupe émirati. Le même média indique aussi que KKM et KMC partagent le même directeur général, Yehezkel Ambar, ce qui suggère une coordination opérationnelle entre les deux entités.
En janvier 2026, à Kolwezi, 16 protocoles d’accord ont été signés entre le gouvernement provincial et des entreprises émiraties. Selon les autorités provinciales, les mines figurent parmi les secteurs concernés, même si le contenu détaillé des accords et l’identité des sociétés impliquées n’ont pas été rendus publics à ce stade.
Ces mouvements interviennent dans un contexte plus large de montée en puissance des Émirats arabes unis dans les minerais critiques africains. En Zambie, IRH a acquis 51 % de Mopani Copper Mines pour 1,1 milliard de dollars en 2024. Le groupe se positionne ainsi sur plusieurs métaux jugés stratégiques pour la transition énergétique, notamment le cuivre, le cobalt, le nickel et le lithium. Les documents officiels du groupe présentent aujourd’hui IRH comme une filiale de 2PointZero, plateforme d’investissement appartenant à la galaxie International Holding Co (IHC).
Timothée Manoke
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