La République démocratique du Congo veut renforcer la participation des entreprises locales aux grands projets publics réalisés dans le cadre des partenariats public-privé (PPP). Cette orientation a été au centre d’une rencontre tenue le 2 juin 2026 entre l’Agence pour la promotion des classes moyennes (APROCM) et l’Unité de conseil et de coordination du partenariat public-privé (UC-PPP).
Selon l’APROCM, les deux institutions ont engagé des discussions en vue de mettre en place un dispositif destiné à faciliter l’accès des petites et moyennes entreprises congolaises aux opportunités générées par les grands projets PPP.
Cette collaboration devrait notamment passer par l’élaboration d’une feuille de route commune et la mise en place d’une équipe mixte de suivi. L’objectif est de mieux encadrer la participation des PME nationales aux marchés liés aux grands projets publics.
Accès aux marchés
Parmi les pistes évoquées figurent la définition de quotas d’allotissements réservés aux PME congolaises, le recours à des contrats de sous-traitance en faveur des startups locales et le transfert de compétences sur les grands chantiers d’infrastructures.
Ces mécanismes visent à éviter que les projets PPP ne profitent uniquement aux grandes entreprises disposant déjà de capacités techniques, financières et organisationnelles importantes. Ils doivent permettre aux PME locales d’accéder progressivement à des marchés plus structurants, tout en renforçant leurs compétences.
Pour le directeur général de l’APROCM, Tchelo Mazombo Pascal, l’enjeu est de permettre aux entrepreneurs congolais d’apprendre aux côtés de grands groupes à travers l’échange de compétences. Cette approche est présentée comme un moyen d’accélérer la montée en puissance du tissu entrepreneurial national.
De son côté, le directeur général de l’UC-PPP, François Ngenyi, estime que cette démarche pourrait contribuer à la création d’emplois et à l’émergence d’entrepreneurs congolais capables de participer plus activement aux grands projets économiques du pays.
Mise en œuvre attendue
À ce stade, le dispositif reste toutefois à préciser. La communication de l’APROCM ne détaille pas encore les quotas envisagés, les critères d’éligibilité des PME, les projets PPP concernés ni le calendrier de mise en œuvre.
Cette initiative s’inscrit dans la perspective du programme présidentiel « Debout Jeunes Congolais », dont le lancement est annoncé pour le 30 juin. En février, le gouvernement avait évoqué une enveloppe comprise entre 650 millions et 1,3 milliard de dollars à mobiliser sur six ans pour soutenir l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes.
L’enjeu sera désormais de transformer cette orientation en mécanismes contraignants et mesurables. Pour les PME congolaises, l’accès aux PPP dépendra non seulement des quotas ou des lots réservés, mais aussi de leur capacité à répondre aux exigences techniques, financières et de gouvernance imposées par les grands projets publics.
Ronsard Luabeya









