La circulation sur l’axe Mambasa-Beni est de nouveau perturbée après l’effondrement du pont Ituri II, situé sur la Route nationale n°44. Selon la coordination territoriale de la Nouvelle société civile congolaise de Mambasa, l’ouvrage s’est affaissé dimanche 7 juin, interrompant le trafic sur ce tronçon stratégique reliant l’Ituri au Nord-Kivu.
Jeté sur la rivière Ituri, le pont Ituri II constitue un passage important pour les transporteurs, les commerçants et les voyageurs entre Mambasa, en Ituri, et Beni, au Nord-Kivu. L’axe facilite également les échanges avec d’autres zones de l’Est du pays, notamment vers la Tshopo.
Cette nouvelle coupure intervient dans une région déjà fragilisée par l’insécurité liée aux attaques des rebelles ADF. Pour les acteurs locaux, l’interruption du trafic risque de compliquer l’approvisionnement des marchés, la circulation des personnes et le transport des marchandises entre les deux provinces.
L’incident ravive les inquiétudes sur la durabilité de l’ouvrage. Le pont Ituri II s’était déjà effondré le 13 mars 2023, après le passage d’un camion surchargé. Cet effondrement avait entraîné une interruption prolongée du trafic sur l’axe Mambasa-Beni.
Après plusieurs mois de travaux menés par l’Office des routes, avec l’appui du Fonds national d’entretien routier, la circulation avait officiellement repris en mars 2024. Les autorités avaient alors appelé les usagers à respecter les limites de tonnage afin de préserver l’infrastructure.
Impact logistique
La situation du pont faisait encore l’objet d’alertes ces derniers mois. Des sources locales avaient signalé, en mars 2026, l’état préoccupant de plusieurs ouvrages sur l’axe Makeke-Mambasa, dont le pont Ituri II, avec des restrictions évoquées pour les poids lourds.
Pour les opérateurs économiques, cette nouvelle interruption pourrait entraîner une hausse des coûts logistiques. Lors de l’effondrement de 2023, les transporteurs avaient dû recourir à des transbordements par pirogue, avec des pertes de temps, des coûts supplémentaires et des difficultés pour l’acheminement des marchandises.
La coupure pourrait également peser sur les recettes liées au trafic routier et aux échanges commerciaux dans la zone, comme cela avait été signalé lors de la précédente interruption. À ce stade, aucune estimation officielle des pertes économiques ni aucun calendrier de réhabilitation n’a encore été communiqué.
La priorité porte désormais sur l’évaluation technique de l’ouvrage, l’identification des causes de l’effondrement et la mise en place d’une solution provisoire pour rétablir la circulation entre Mambasa et Beni.
Boaz Kabeya









